Projet de recherche sur les plongeons huards: la population des Laurentides sollicitée

  • Publié le 9 juin 2026 (Mis à jour le 9 juin 2026)
  • Lecture : 4 minutes

La présence des plongeons huards sur nos lacs est un indicateur de la santé de ces derniers. Selon l’Inventaire canadien, leurs succès reproducteurs auraient diminué d’année en année, depuis 1992.

En fait, seule la province de Québec montre une tendance stable dans le nombre de jeunes produits par couple par année. Est-ce que le manque de lacs échantillonnés expliquerait cette tendance et quels sont les impacts de la villégiature sur la reproduction des plongeons huards? Ce sont deux des questions que s’est posées Nathalie Léonard, une passionnée d’ornithologie.

Recherche citoyenne

Grâce au programme Engagement créé par le Fonds de Recherche Québec (FRQ), qui permet à des citoyens de s’associer à des professeurs-chercheurs universitaires, il lui a été permis de soumettre sa question et de trouver un chercheur, Denis Reale, pour l’aider à y répondre. M. Reale est professeur de biologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et spécialiste en comportement animal. Conjointement, ils ont monté un projet de recherche participative pour répondre à ses interrogations, et il prend forme ici, dans les Laurentides, territoire si riche en lacs. Quatre biologistes se sont aussi joints au projet de recherche.

Rappelons que les Laurentides comptent plus de 8000 lacs. Majoritairement en bonne santé, 69,8 % sont non acides.

La présence du plongeon huard – que nous désignerons désormais comme huard – dans les lacs est un indicateur de la santé des lacs, puisqu’il préfère les eaux claires et poissonneuses pour établir son territoire. Une fois établis sur un lac ou dans une grande baie, les adultes demeurent généralement fidèles à leur territoire pendant de nombreuses années et le défendent vigoureusement contre les intrus.

Nathalie Léonard / Photo: Guy Lemieux

Pourquoi les Laurentides?

Pour la chercheuse-citoyenne, le choix s’est imposé tout naturellement. « J’ai passé une grande partie de mon enfance dans les Laurentides, j’ai étudié à l’École Curé-Mercure. Ma famille détient une grande terre à proximité du lac Sauvage (Mont-Blanc), ainsi qu’un terrain sur ce lac, j’ai une foule de souvenirs d’enfance reliée à ces lieux. »

Le programme Engagement

Le projet de recherche se base sur une approche de science participative afin de collecter des données sur les huards et sur l’achalandage des lacs de villégiature laurentiens. Cela permettra de comparer les données aux lacs de zones naturelles protégées qui sont exempts de villégiature. La réussite de ce projet repose sur l’implication de bénévoles passionnés. C’est ici que la population des Laurentides entre en scène.

Le chercheur Denis Reale, de l’UQAM n’a pas hésité longtemps avant d’accepter le projet de recherche. « Les huards ont une importance symbolique pour les Canadiens, on peut imaginer qu’une lente diminution des effectifs voire une extinction de l’espèce serait dramatique. Ce projet est focalisé sur les questions de perturbation humaines parce qu’au Québec les lacs sont de plus en plus anthropisés, il y a de plus en plus de construction, les lacs sont de plus en plus fréquentés, dans certains beaucoup d’embarcations à moteur y circulent. On est donc face à des risques de voir se produire des conflits entre la faune sauvage et les humains de plus en plus fréquemment. »

Un appel à tous

Nathalie Léonard, enseignante retraitée et membre du Club ornithologique des Hautes-Laurentides, lance un appel aux citoyens désirant investir un peu de temps afin de bien documenter cette étude. Cela se fait par le biais du site web plongeon-huard-quebec.ca.

Afin de mener à terme leur projet, des données sur le succès de reproduction des huards sur le plus grand nombre possible de lacs ayant des conditions environnementales et des fréquentations humaines diverses doivent être collectées.

La villégiature, une nuisance?

Le développement rapide de la villégiature autour des lacs pourrait-il avoir un impact négatif sur le succès reproducteur de l’espèce. Les huards nichent dans les secteurs tranquilles des lacs et sur des îles, toujours près de l’eau. Le passage de bateaux peut créer des vagues qui inondent les nids ou dérangent les adultes qui nourrissent leurs jeunes. L’artificialisation des berges affecte les gîtes naturels des poissons et des huards. C’est sans compter l’utilisation des agrès de pêche en plomb qui sont toxiques pour l’espèce.

Je participe

Le projet de recherche se base sur une approche de science participative afin de collecter des données sur les huards et sur l’achalandage des lacs de villégiature laurentiens. Cela permettra de comparer les données aux lacs de zones naturelles protégées qui sont exempts de villégiature. La réussite de ce projet repose sur l’implication de bénévoles passionnés.

Vous vous sentez interpellé par cette étude? Il suffit de répondre à quelques critères, dont celui d’avoir accès à un lac dans les Laurentides entre les mois de juin et de septembre. Les candidats potentiels s’engagent également à participer à une rencontre virtuelle. Il faut aussi pouvoir faire au moins une observation par mois du nombre de huards, adultes et juvéniles, sur le lac choisi ou sur une portion de celui-ci durant l’été. Précisons que dans le cas de lacs de grande superficie, il n’est pas toujours évident d’en assurer le suivi complet, il est donc possible de suivre seulement une section du lac, une baie ou tout autre secteur. Dernière exigence : il faut pouvoir faire au moins deux observations par mois de l’achalandage (activités humaines) du lac choisi, ces observations peuvent être effectuées depuis la berge.

Toutes les informations et le formulaire d’inscription se trouvent au plongeon-huard-quebec.ca.

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