Les 100 jours du nouveau modèle de sécurité incendie

  • Publié le 15 avr. 2022 (Mis à jour le 22 mai 2025)
  • Lecture : 3 minutes
Véronique Piché

Depuis le début de l’année, lorsqu’un incendie se déclare à Amherst, Arundel, Barkmere, Brébeuf, Huberdeau, La Conception, La Minerve, Lac-Supérieur, Lac-Tremblant-Nord, Mont-Blanc ou encore Montcalm, deux équipes de pompiers débarquent systématiquement sur les lieux. Dès qu’un appel d’urgence est transmis, les pompiers en garde interne d’une des casernes de Mont-Tremblant se mobilisent. En même temps, les pompiers à temps partiels, appelés pompiers-périphériques, se ruent vers leur caserne municipale pour s’équiper, et ensuite se rendent sur les lieux du drame.

« Ce qu’on a vu, c’est que dans les secteurs limitrophes à Mont-Tremblant, les équipes de la ville-centre sont arrivées à quelques reprises avant celles de la caserne locale », note Mathieu Darmana, directeur du Service de sécurité incendie de Mont-Tremblant. Mais attention, on ne souhaite créer aucune compétition entre les équipes de pompiers du Grand Mont-Tremblant, bien au contraire.

Temps de mobilisation

« Ce n’est pas parce qu’on roule plus vite, c’est juste parce que les pompiers en garde interne à Mont-Tremblant s’entrainent, font de l’entretien des équipements, de la formation, du maintien des acquis, et lorsqu’il y a un appel, ils ont une minute et demie pour sortir de la caserne, tandis que le temps de mobilisation [qui correspond au temps pour se rendre à leur caserne locale] pour les pompiers-périphériques est de 10 minutes », explique-t-il.

Après 100 jours de cette nouvelle gestion, les pompiers du Grand Mont-Tremblant ont éteint conjointement 11 incendies de bâtiments. « Quand tu es touché par la catastrophe, tu ne regardes pas la marque de pneus : tu es en détresse et tu souhaites que quelqu’un t’apporte du support, peu importe qui », expose le directeur à propos des attentes de la population envers les pompiers, peu importe leur caserne d’attache.

Mathieu Darmana, directeur du Service de sécurité incendie de Mont-Tremblant, se dit très satisfait du nouveau modèle de gestion en matière de couverture incendie sur le territoire du Grand Mont-Tremblant. (Photo gracieuseté – Ville de Mont-Tremblant)

Même s’il est trop tôt pour faire un bilan des performances du modèle en question, Mathieu Darmana considère que ce dernier se montre efficace en matière de rapidité d’intervention : « La force d’impact sur le lieu d’un début d’incendie ou d’une scène d’urgence n’est pas comparable à ce qu’on avait avant – les pompiers n’arrivent plus au compte-goutte. »

Adaptation des pompiers

Mathieu Darmana se dit très satisfait de l’adaptation des effectifs à cette transition. Si tous les pompiers du Grand Mont-Tremblant sont maintenant des employés de la Ville de Mont-Tremblant, il fallait que cela se passe de façon harmonieuse. « Tout ça, c’était sur papier. Maintenant, comment allait-on le vivre sur le terrain, quand ça sonne et que l’adrénaline embarque, et que les pompiers-périphériques allaient voir débarquer à chaque appel ceux de la ville-centre? Nous avons voulu que, dès le départ de ces ententes, la colle prenne entre les pompiers. L’approche que nous avons adoptée en est une de respect du rôle et des tâches de chacun », explique-t-il.

« Le centre ne remplace pas l’officier qui est au commandement sur un incendie dans une municipalité périphérique, mais il va le supporter. C’est une façon de fonctionner qui donne confiance aux pompiers, car ils se sentent respectés. Après tout, ils le faisaient avant la mise sur pied de ces ententes intermunicipales », illustre le directeur.

« Ce qu’on a remarqué avec cette nouvelle organisation, c’est que l’approche est bonne et que la réception chez les pompiers est bonne elle aussi », résume Mathieu Darmana.

Pompiers à temps partiel : le défi du recrutement

Le recrutement et la rétention du personnel est un défi national auquel le Service incendie de la Ville de Mont-Tremblant n’échappe pas. Selon Maxime Dorais, directeur du Service des communications et des relations citoyennes, si des gens souhaitent poser leur candidature pour devenir des pompiers à temps partiel dans leur municipalité respective, c’est un bon moment de la faire. Il suffit d’envoyer son dossier à la Ville de Mont-Tremblant, qui construit actuellement sa banque de candidats.

« Si un jour tout le monde abandonne le métier de pompier à temps partiel et qu’on a juste des pompiers permanents, c’est sûr qu’on en souffrira, ajoute Mathieu Darmana, directeur du Service de sécurité incendie. S’il n’y a plus de pompiers sur place, par exemple à La Minerve, c’est dangereux, parce que lors d’une urgence, c’est dans les premières minutes que tu vas réduire l’impact autant sur la vie que sur les biens. Il faut être conscient de cette réalité et que les gens en périphérie restent en poste. »

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