Finissants à l’École Curé-Mercure: lorsque l’école transforme

  • Publié le 16 juin 2026 (Mis à jour le 16 juin 2026)
  • Lecture : 4 minutes
Photo: Médialo – Patrice Francoeur
Photo: Médialo – Patrice Francoeur

Tommy Corbeil et Maude Croteau ont tous deux bouclé cinq années d’études secondaires. Retour sur leurs parcours.

Tommy Corbeil a 17 ans. De son propre aveu, son parcours scolaire a été plutôt atypique. Et ce, dès la première année. « J’ai coulé ma maternelle. » Il explique qu’il était un enfant solitaire qui ne parlait pas beaucoup. « Ce que je fais en ce moment, vous accorder une entrevue, j’en aurais été incapable quand je suis arrivé ici en première secondaire. »

Il poursuit en soulignant qu’au primaire, il avait des problèmes de colère. « Je n’avais pas la personnalité la plus joviale.  Parfois, j’ai claqué des portes parce que j’étais en tabarnouche. J’étais un enfant à problème. »

À son arrivée au secondaire, les choses ont peu changé. « Je n’ai parlé à personne durant toute la première moitié de l’année.  En fait, les seuls moments où j’ai parlé, c’était lorsqu’un prof me posait une question. Sinon, aucun mot ne sortait de ma bouche. »

Il explique qu’à la suite de la rencontre de celle qui deviendra sa meilleure amie, les choses ont progressivement commencé à s’améliorer.

Mettre des mots sur des maux

Pendant toutes ses années à l’école primaire, malgré les problèmes apparents, aucun diagnostic n’a été posé. « Il a fallu que j’attende l’âge de 13 ans pour savoir de quoi j’étais affligé. »

Tommy apprendra qu’il souffre de dyspraxie (ou TDC, ce trouble d’acquisition de la coordination), d’un léger TDA (trouble du déficit de l’attention), de dysorthographie et de dyspraxie. « Et d’hyperlaxité », ajoute-t-il. « Mais lui ce n’est pas dans le cerveau, c’est dans les doigts », précise l’étudiant.

« Savoir, c’est pouvoir lutter, savoir contre quoi on lutte », énonce-t-il sagement.

Le parcours scolaire, à la suite de ces diagnostics, a commencé à changer. Ses notes, d’année en année, ont grimpé. Il s’est fait des amis et il a fait partie de la distribution d’une pièce de théâtre.

« L’art dramatique m’a beaucoup aidé. C’est grâce à cela si je peux parler aujourd’hui. » Il sera même récompensé du prix du meilleur acteur. « Mes notes ont atteint des records. » Il constate désormais qu’il n’a plus de problème de socialisation. « Mais je n’ai toujours pas le réflexe d’aller parler juste pour parler. J’aime parler quand il y a du contexte. »

La prochaine étape pour Tommy, c’est le début de son parcours collégial en sciences humaines. Un passage qu’il appréhende beaucoup moins que lorsqu’il est passé du primaire au secondaire.

Le parcours de Maude Croteau

L’arrivée de Maude à l’École secondaire s’est déroulée plutôt en douceur. « Quand je suis rentrée en première secondaire, il y avait déjà mes deux grands frères qui étaient en quatrième et cinquième secondaire, disons que je n’étais pas trop stressée, de plus, j’avais beaucoup d’amis du primaire qui me suivaient. »

C’est lors de sa quatrième année d’études secondaires que Maude réalise son premier véritable accomplissement : le VéloTour, ce parcours de plus de 400 km entre Mont-Tremblant et la ville de Québec organisé par quelques enseignants.

« Je n’avais jamais fait de vélo de toute ma vie, mais je savais comment pédaler, mais pas plus que ça. »

Maude viendra à bout des quelque 400 km, mais devra puiser jusqu’au fond de ses réserves. « Ça a été vraiment difficile. J’étais la toute dernière, mais je l’ai tout de même terminé. » La jeune cycliste se jure de prendre sa revanche en se fixant comme objectif de relever à nouveau le défi l’année suivante et d’y investir temps et efforts à l’entraînement afin de bonifier l’expérience. « Pour que ce soit plus facile, et aussi pour que je puisse plus apprécier mon moment là-bas. Puis je l’ai refait et ça a été vraiment plus facile parce que j’étais mieux entraînée. J’ai vraiment plus apprécié mon moment là-bas. » Une heureuse façon de mettre un terme sur ses cinq années d’études secondaires.

Élue présidente

Maude sortira à nouveau de sa zone de confort alors qu’elle se présentera aux élections à la présidence du comité étudiant. Pour l’occasion, elle devait livrer pas un, mais cinq discours.

« Un discours devant le premier secondaire, un discours devant le deuxième et ainsi de suite. Puis j’ai été élue avec plus de 50 % des voix. »

Celle qui ne s’était jamais adressée à un auditoire aussi nombreux auparavant savoure ici une autre victoire sur elle-même. Elle a d’ailleurs prononcé un ultime discours lors de la soirée de graduation.

Trois questions en rafale à Tommy et à Maude

Alors que Tommy Corbeil et Maude Croteau s’apprêtent à franchir la porte de l’école Curé-Mercure pour la toute dernière fois, L’info en a profité pour leur poser trois questions.

Qu’est-ce qui va te manquer le plus de ces années passées à Curé-Mercure?

Tommy Corbeil : « Mon groupe d’amis. »

Maude Croteau: « Je pense que c’est le monde, la gang, parce que ça fait cinq ans qu’on est tout le monde ensemble, on se connaît tellement bien. Ici à Curé-Mercure, on est proche avec les profs. Quand il y a eu la nouvelle loi sur le vouvoiement, ça a vraiment fait un choc parce qu’on est tellement proche avec eux. »

Et qu’est-ce qui va te manquer le moins?

Tommy Corbeil : « Les élèves qui ne sont pas intéressés d’être là. Mais ce n’est rien contre eux, ce sont souvent leurs parents qui les forcent à venir. Quand tu te retrouves en classe avec eux, c’est difficile de se concentrer. »

Maude Croteau : « C’est vraiment très encadré. Quand tu es jeune, c’est normal. Mais en cinquième secondaire, tu n’as plus besoin de tout ça. J’ai hâte d’aller au cégep parce que c’est beaucoup plus libre. »

Tu viens de terminer ta première année sans ton téléphone mobile, comment ça a été?

Tommy Corbeil : « Personnellement, je faisais partie de ceux qui l’utilisaient beaucoup. Je prenais des photos des tâches que j’avais à faire plus tard, comme les devoirs. Mon agenda papier était plutôt brouillon, je privilégiais mon agenda électronique. »

Maude Croteau : « Je n’ai pas constaté tant de changements que ça. Le seul que j’ai vraiment remarqué, c’est à la cafétéria à l’heure du midi. Avant notre passe-temps, c’était de se prendre en photos ou alors de jouer à des jeux sur nos téléphones. Maintenant, on joue aux cartes, on se parle. »

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