Myriophylle à épis : arrachage au lac Mercier

  • Publié le 17 août 2026 (Mis à jour le 17 août 2026)
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Photo MELCCFP
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La Ville de Mont-Tremblant annonçait récemment avoir procédé à l’arrachage de myriophylle à épis au lac Mercier. Est-ce une méthode efficace pour éradiquer la plante aquatique exotique envahissante?

L’opération d’arrachage a permis de retirer environ 1100 tiges de cette plante aquatique exotique envahissante. Une opération effectuée en partenariat avec l’Association du lac Mercier, des bénévoles et des plongeurs professionnels.

Une des sources de propagation des espèces exotiques envahissantes dans les lacs est reliée aux déplacements d’embarcation nautique (planche à pagaie, kayak, canot, bateau, etc.) d’un lac à un autre.

Selon les informations tirées du site Web du Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), le myriophylle à épis est une plante vivace qui pousse au fond des plans d’eau, entre 1 et 4 m de profondeur.

C’est une plante aquatique submergée qui peut former des herbiers denses et qui se propage principalement par la fragmentation de ses tiges. Originaire de l’Eurasie, elle est considérée comme une espèce exotique envahissante.

Répartition

Le myriophylle à épis a été introduit aux États-Unis dans les années 1940 à partir de l’Asie (Chine et Corée du Sud), probablement pour servir de plante d’aquarium. Aujourd’hui, il est présent dans tous les États américains au sud du Canada, de même qu’en Colombie-Britannique, en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Au Québec, le myriophylle à épis a été observé pour la première fois en 1958 au lac Saint-Pierre, dans le fleuve Saint-Laurent. Il est resté dans le fleuve jusqu’à la fin des années 1960, puis s’est étendu dans les lacs et les rivières de l’Estrie et de l’Outaouais dans les années 1970 et 1980. Depuis les années 1990, il s’est surtout propagé en raison de l’augmentation de la popularité des lacs pour la villégiature. Il a été détecté en Abitibi en 2001, au Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord en 2016, et au Saguenay–Lac-Saint-Jean en 2024.

Les régions les plus touchées sont l’Estrie, les Laurentides et l’Outaouais, où la navigation de plaisance est particulièrement populaire. Toutes les régions du Québec méridional, sauf la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, comptent au moins un plan d’eau dans lequel se trouve le myriophylle à épis. Il est moins fréquent à l’est de la Capitale-Nationale, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent et à l’est de l’Estrie, sur la rive sud.

Le myriophylle à épis est bien établi au Québec. Sa propagation est facilitée par la fragmentation des tiges, qui rend aussi difficile le contrôle de son expansion.

Bien qu’il puisse croître rapidement et coloniser différents habitats, sa présence n’entraîne pas toujours l’envahissement d’un plan d’eau. En effet, les plantes indigènes peuvent parfois continuer à dominer même après l’installation du myriophylle à épis.

Reproduction et propagation

Le myriophylle à épis se reproduit principalement de façon végétative par la fragmentation de ses tiges, qui se produit naturellement de mi-juillet à octobre. Les activités nautiques peuvent aussi contribuer à la fragmentation des tiges. Les fragments flottent à la surface ou dans l’eau, ce qui leur permet de se déplacer. Les courants, les embarcations et leurs équipements, les remorques et d’autres supports peuvent contribuer au déplacement de ces fragments vers de nouveaux endroits. Un petit fragment qui se dépose au fond de l’eau peut prendre racine et former un nouveau plant.

L’arrachage

L’arrachage manuel tel qu’il a été fait au lac Mercier est-il une bonne façon d’éradiquer la plante envahissante? Oui, selon le MELCCFP, mais à certaines conditions.

L’arrachage manuel des tiges et du système racinaire sous l’eau doit être réalisé par des plongeurs qualifiés. Les tiges et les racines doivent être remontées à la surface pour éviter qu’elles ne se propagent dans d’autres secteurs. Elles doivent être jetées aux ordures ou au compost de façon sécuritaire.

Autres méthodes d’éradication

Le bâchage des tiges au fond de l’eau peut être effectué en étendant une toile pour empêcher la croissance du myriophylle à épis. Cette méthode doit être appliquée tôt au printemps. La toile doit couvrir toutes les tiges d’une colonie. Il existe des toiles en fibre de verre qui doivent être enlevées après une période minimale de dix semaines et des toiles en jute, biodégradables, qui n’ont pas besoin d’être retirées. Ça a été fait au lac Ouimet, l’an dernier.

Le faucardage, quant à lui, consiste à faucher le myriophylle à épis avec un engin mécanisé et à récolter les tiges en surface. Cette méthode ne l’élimine pas, mais permet de réduire temporairement sa présence et de faciliter certaines activités, comme la baignade et la navigation de plaisance.

Les mesures préventives

Évitez de naviguer dans les zones où poussent de grandes quantités de plantes aquatiques afin de ne pas contribuer à propager le myriophylle à épis ou d’autres espèces.

Inspectez et retirez les amas et les résidus de plantes aquatiques des embarcations et équipements.

Nettoyez, videz et séchez toute embarcation ou tout équipement ayant été en contact avec l’eau lors de déplacements entre différents plans d’eau.

Surveillez les plans d’eau afin de détecter rapidement l’apparition du myriophylle à épis;

Ne rejetez jamais dans la nature les restes de plantes, l’eau, les poissons et les invertébrés de votre jardin d’eau ou de votre aquarium. Certaines espèces peuvent survivre, se propager et avoir des effets nuisibles importants et souvent irréversibles sur les écosystèmes, la biodiversité et plusieurs activités socioéconomiques.

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