La Ferme de l’artisan, de barbier à fermier

Maxime Belleau / Photo: Médialo – Patrice Francoeur
Maxime Belleau / Photo: Médialo – Patrice Francoeur

Maxime Belleau a troqué ses outils de barbier pour ceux de jardinier et il ne regrette pas son choix.

Celui qui a exercé le métier de barbier pendant plus de 10 ans avait, de son propre aveu, envie de donner plus de sens à son existence. « J’avais besoin de sens un petit peu pendant la pandémie. J’avais déjà un gros intérêt pour tout qu’est ce qui est plus écologique, j’avais compris à quel point c’était massif pour l’environnement, puis que mondialement on est en train de créer des déserts partout. Donc, j’ai choisi de faire un <@Ri>move<@$p> parce que je trouvais que mon métier de barbier – qui était bien – manquait un peu de sens. »

Le jeune fermier s’est inspiré de la technique de Jean-Martin Fortier (voir encadré), qui est une technique à échelle humaine. Cette technique lui a permis de créer sa microferme sans machinerie lourde. « Cette échelle-là m’a permis de vite faire un gros chiffre d’affaires pour une petite ferme. On était sur 20 000 pieds carrés, puis je suis monté à 100 000 $ de chiffre d’affaires très rapidement.

Réhabiliter la tomate de serre

Croquer dans une tomate de serre que produit Maxime, c’est une explosion en bouche. On est à des années-lumière de celles produites à grande échelle dans des serres aux allures d’usine. « Une tomate qui ne goûte rien et qui a poussé dans de l’eau avec des produits chimiques, ça se peut que ça ne coûte pas cher. »

« Nos tomates goûtent parce qu’on fait vraiment un travail de sol. Moi, je ne suis pas un cultivateur de plantes. Je suis un cultivateur de sol. J’aime nourrir mon sol au niveau des micro-organismes, de créer un sol qui va avoir beaucoup de champignons, ce sont eux qui nourrissent les plantes. »

À la Ferme de l’artisan à La Conception, on cultive plus de 40 légumes de saison, récoltés à la main avec soin. « Des produits cultivés selon des méthodes durables, sans compromis sur la qualité. »

De l’importance du sol et de la rotation

Il insiste sur l’importance de la rotation des plantes cultivées sur la qualité des sols. « Mon sol est riche parce que ce n’est pas tout le temps la même chose qui pousse là. La plante n’a pas tout le temps les mêmes nutriments, elle ne travaille pas tout le temps de la même manière. Il y a des plantes qui ont des racines profondes, il y a des plantes qui ont des racines de surface. Il y a des plantes qui attirent telle maladie ou tel insecte. Le fait de varier énormément fait en sorte qu’on finit par avoir un sol de qualité », précise-t-il.

Cultiver en biologique pour la santé des sols et des clients

Maxime explique que sa ferme étant certifiée biologique, il n’utilise ni fongicides, ni herbicides. « Ce sont des produits qui détruisent complètement la vie. Tous les produits qu’on utilise sont à base naturelle. Ça ne détruit pas l’écosystème. Quand tu réalises que si tu fais pousser des plantes puis que tu mets un produit chimique, comme un herbicide, qui tue toutes les autres plantes, c’est une bombe nucléaire, c’est extrêmement destructeur. »

Des serres intelligentes

Le fermier a fait le choix d’investir dans un système d’automatisation de ses serres. « L’automatisation d’une serre, ça fait une grosse différence. L’irrigation est automatisée ainsi que la ventilation et la déshumidification. L’humidité, c’est ça qui crée des maladies et qui amène des bébites. Tout ça est automatisé par un ordinateur intelligent qui coûte très cher, mais qui vaut le coût. »

À la rencontre des clients

Maxime, de concert avec la municipalité de La Conception, a mis sur pied un marché qui se tiendra tous les vendredis tout près du pont couvert.

 


Jean-Martin Fortier

Agriculteur, enseignant, entrepreneur et écrivain québécois, Jean-Martin Fortier s’inscrit dans le mouvement de l’agriculture biologique et durable, il a développé un modèle de ferme maraîchère économiquement viable à échelle humaine, ou microferme, sur une petite surface.

Avec son épouse, Maude-Hélène Desroches il a fondé les Jardins de la Grelinette, une ferme maraîchère certifiée biologique. Cette ferme est devenue internationalement connue pour avoir atteint la rentabilité et la productivité grâce à des systèmes de culture biologiquement intensifs. Les méthodes de production à faible technologie et à haut rendement employées dans la microferme des Fortier constituent la base du livre de Jean-Martin, Le Jardinier-Maraîcher, un ouvrage pour producteur d’agriculture biologique à petite échelle, vendu à plus de 300 000 exemplaires et traduit en 10 langues.

Jean-Martin Fortier est un véritable mentor pour Maxime, il déplore d’ailleurs qu’il soit si peu connu au Québec. « Il a gagné plein de prix aux États-Unis, il est reconnu partout en Europe. On se l’arrache partout, alors qu’on l’ignore ici. On n’aime pas les gens qui flashent, Jean-Martin prend beaucoup de place sur les réseaux sociaux, il ne gêne pas d’être un bon entrepreneur. Ça a l’air que quand tu es fermier, il ne faut pas que tu fasses de l’argent, lui il parle d’argent. »


 

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