Éco-corridors : un plan stratégique pour protéger la biodiversité des Laurentides

  • Publié le 16 déc. 2024 (Mis à jour le 22 mai 2025)
  • Lecture : 2 minutes

Marie-Lyne Després-Einspenner, directrice générale d’Éco-corridors laurentiens, souligne : « Il y a un réel engouement dans la région pour la conservation. Nous avons voulu structurer nos collaborations et nous positionner dans ce contexte avec notre plan stratégique. »

Ce plan, en ligne avec l’objectif provincial de protéger 30 % du territoire d’ici 2030, met en avant des actions concrètes pour atteindre ce jalon.

Trois engagements phares pour 2025-2028

  1. Protection légale des milieux naturels :
    Actuellement, seulement 9 % des Laurentides sont protégés, mais des efforts significatifs sont en cours. « Si tous les projets déposés cet été lors de l’appel à projets du gouvernement pour protéger les terres publiques sont acceptés, on passerait à 19 % », précise Mme Després-Einspenner. Pour atteindre 30 %, il faudra également travailler sur les terres privées, notamment par des initiatives de conservation volontaire. L’organisme souhaite accompagner les acteurs locaux dans cette démarche. « Nous voulons fournir les outils nécessaires pour mettre en place des aires protégées, que ce soit par des dons écologiques ou des acquisitions de terrains », explique-t-elle.
  2. Aménagement du territoire pour une connectivité écologique :
    Éco-corridors laurentiens travaille avec les MRC et municipalités pour intégrer les milieux naturels dans les schémas d’aménagement, en tenant compte des nouvelles orientations gouvernementales. « Les corridors écologiques doivent dépasser les limites administratives, parce que, pour un orignal ou un loup, il n’y a pas de frontières entre Mont-Tremblant et Lantier », rappelle Mme Després-Einspenner.
    Pour encourager les municipalités, un programme de certification, Municipalités éco-connectées, a été lancé. « Ce programme permet aux municipalités de mettre en œuvre des actions concrètes de conservation tout en bénéficiant d’un accompagnement et d’une reconnaissance pour leurs efforts », explique Marie-Lyne Després-Einspenner.
  3. Soutien et diffusion des connaissances :
    Pour renforcer les connaissances et outiller les décideurs, ÉCL collabore avec des universités et d’autres organismes. « Nous savons que la biodiversité est présente dans les Laurentides, mais beaucoup d’espèces en situation précaire ne sont pas encore répertoriées », note la directrice générale.
    En parallèle, l’organisme souhaite développer des pratiques durables, notamment en récréotourisme. « Il faut trouver un équilibre entre rendre la nature accessible et protéger la biodiversité », insiste-t-elle.

Transparence et collaboration
Éco-corridors laurentiens a choisi de rendre public ce plan stratégique pour inspirer et mobiliser ses partenaires. « Nous voulions montrer notre feuille de route pour les prochaines années dans un contexte où il va se passer beaucoup de choses d’ici 2030 », explique Marie-Lyne Després-Einspenner. Ce document reflète également les valeurs de l’organisme, qui place la justice environnementale et sociale au cœur de ses actions. « Pour nous, la justice environnementale ne va pas sans la justice sociale », conclut la directrice générale d’Éco-corridors laurentiens.

Photo Pexels

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