Où finissent nos déchets? Visite du Complexe environnemental de nos régions 

Emrick Vienneau, adjoint aux opérations et aux communications au Complexe environnemental de la Rouge, devant le site d'enfouissement. Photo Médialo / Emmanuelle M.-Verschaeve
Emrick Vienneau, adjoint aux opérations et aux communications au Complexe environnemental de la Rouge, devant le site d’enfouissement. Photo Médialo / Emmanuelle M.-Verschaeve

De Val-David à Mont-Laurier, en passant par Sainte-Agathe et Mont-Tremblant, les déchets des MRC des Laurentides et d’Antoine-Labelle arrivent tous à la même place : le Complexe environnemental de la Rouge. L’info s’est rendue sur place pour savoir concrètement où finissent nos poubelles.  

Le Complexe environnemental de la Rouge (CER) est un organisme municipal qui couvre 25 villes dans les municipalités régionales de comté (MRC) d’Antoine-Labelle et des Laurentides. « Au total, ce sont 20 000 tonnes provenant de ces communes [bac noir des particuliers, des commerces, des entreprises et conteneurs des écocentres affiliés] qui sont enfouies chaque année », informe Emrick Vienneau, adjoint aux opérations et aux communications au CER.  

Enfouissement cache-misère  

L’un des objectifs du Complexe et de ses membres est d’évaluer des pistes de solution pour améliorer le tri des matières résiduelles collectées et ainsi réduire l’enfouissement. « Depuis l’ouverture du site de compostage en septembre 2018, il y a eu une réduction de 17 % de l’enfouissement (tonnage des déchets) », précise M. Vienneau. Car c’est bien là que le bât blesse : tout ce qui ne se récupère pas, ne se composte pas et ne se valorise pas disparaît dans un trou qui grignote les sols naturels.  

« Tout ce qu’on reçoit qui est dédié à l’enfouissement en provenance des particuliers, des entreprises, des municipalités ou encore des conteneurs des matériaux mixtes des écocentres s’en vient ici se faire décharger sur la montagne de déchets », poursuit-il.  

« Mes collègues viennent faire un tri mécanique pour retirer, par exemple de gros morceaux métalliques [susceptibles d’être recyclés]. Puis, ils compactent les déchets, les recouvrent avec du sable ou d’autres matériaux dans le but de limiter notamment les risques de propagation d’incendie, la présence d’animaux indésirables et la dispersion d’odeurs. » Une membrane, puis une couche végétale recouvrent ensuite le tout. Avec le temps, des plantes finissent par y pousser, faisant disparaître en surface ces rebuts engloutis dans le ventre de la Terre.  

Composter au maximum 

Les déchets organiques jetés dans nos bacs bruns peuvent quant à eux être redistribués une fois qu’ils ont été compostés. « Nous avons un dôme de maturation sur le site de compostage. En 2026, 1740 tonnes de compost ont pu être distribuées dans les municipalités et 910 tonnes vendues à des fermes », affirme M. Vienneau.  

Le compost passe par différentes étapes, incluant le tri manuel effectué par des employés attitrés à cette tâche. Les odeurs tenaces sur ce site, la saleté des matières, l’omniprésence de mouches, ainsi que les risques encourus par ces personnes rendent ce travail très difficile. « Si le tri est mal fait, ils peuvent se blesser, par exemple avec des fragments de verre ou de métal », déplore-t-il. « Le compost peut aussi être contaminé à cause de ces débris. »  

Le contenu des poubelles de compost est trié manuellement sur un tapis roulant. Photo Médialo / Emmanuelle M.-Verschaeve

Recyclage simplifié 

D’autres pôles sur le site sont destinés à accueillir les matières recyclables. Depuis que la responsabilité élargie des producteurs (REP) – principe selon lequel les entreprises qui mettent sur le marché des produits au Québec sont responsables de leur gestion en fin de vie – est en vigueur, tous les contenants peuvent être mis au recyclage. Des espaces sont donc consacrés au CER à la récupération de ces produits par les entreprises et stockés par type (aérosols, pots de peinture…).  

Les produits déposés à l’intérieur des contenants de récupération sont transportés du CER vers des entreprises spécialisées et reconnues qui vont soit les traiter pour fins de recyclage, de valorisation ou, parfois, d’élimination sécuritaire. Photo gracieuseté CER

Une boutique est également destinée à des objets pouvant servir en seconde main. 

En fin de visite, on prend conscience que beaucoup de produits dont on se départit peuvent être recyclés ou revitalisés. Trier adéquatement s’avère donc fondamental, puisque tout ce que l’on porte à notre écocentre ou que l’on met dans nos poubelles se retrouve au CER dont le but premier est la valorisation de nos déchets. La preuve en chiffres : un tri adéquat au départ permet 60,5 % de valorisation au CER. 

Des chiffres alarmants 

  • L’amoncellement actuel de déchets au lieu d’enfouissement technique (LET) représente environ 610 000 m3 (mesures effectuées en novembre 2025) au Complexe environnemental de la Rouge. 
  • Le polystyrène, présent dans de nombreux emballages, représente une quantité considérable de déchets. Environ 986 tonnes de ce matériel sont recyclées chaque année, soit l’équivalent de 164 camions au Complexe environnemental de la Rouge. 

Rappel: on trie adéquatement pour…  

  • la sécurité des employés chargés du tri manuellement; 
  • Éviter les problèmes d’inflammabilité, d’explosion, de bris d’équipements; 
  • Éviter l’enfouissement.
Pratique : placez un aide-mémoire des matières recyclables dans la cuisine pour trouver rapidement où jeter vos déchets.  Document fourni par le CER

Articles les plus consultés

Photo SQ
Actualités

Accident mortel à Mont-Tremblant

Une collision a causé la mort d'une dame dans la soixantaine hier en fin de journée sur la Montée Ryan à Mont-Tremblant.
Photo Médialo – Patrice Francoeur
Actualités
Environnement

Lourde amende pour un poulailler: un couple de Mont-Blanc refuse de baisser les bras

À Mont‑Blanc, un poulailler familial a déclenché une intervention musclée : vingt poules à retirer, installations à démolir et 900 $ d’amende.
Photo Médialo-Isabelle Houle
Actualités

Brébeuf: des collègues d’une épicerie remportent 2 000 000 $

La chance a souri à huit résidents des Laurentides qui se côtoient au travail.