Histoires de lacs: le lac Carré, un exemple de résilience

La photo de gauche a été prise vers 1995. Le myriophylle couvre alors environ 70 % de la surface du lac. À noter aussi les grands espaces gazonnés qui bordent le lac. Celle de droite a été prise en juillet 2026. Le myriophylle y est invisible et les espaces gazonnés (presque) disparues.

Photo ARPEC
La photo de gauche a été prise vers 1995. Le myriophylle couvre alors environ 70 % de la surface du lac. À noter aussi les grands espaces gazonnés qui bordent le lac. Celle de droite a été prise en juillet 2026. Le myriophylle y est invisible et les espaces gazonnés (presque) disparues. Photo ARPEC

Voici un premier article sur les lacs des Laurentides qui font face à des enjeux.

Le lac Carré est situé au cœur de la municipalité de Mont-Blanc. Du fait de son emplacement, il connaît de fortes pressions anthropiques depuis le développement de la région.

Le lac Carré est encerclé par une route asphaltée. Ce qui peut contribuer à l’accumulation de sédiments gorgés de sels routiers par le biais du ruissellement jusqu’au lac.

L’historique de ce lac est particulier, ce qui a engendré des conséquences qui ont certainement pu contribuer à l’accélération de son processus d’eutrophisation.

Le lac Carré fait partie du bassin versant de la rivière Rouge, Petite nation et Saumon.

Historique

Autrefois, sur une portion de la rive du lac, se trouvait une scierie. Or, les activités de cette entreprise auraient pu contribuer à l’accumulation de matières ligneuses au fond du lac (augmentation de la matière organique à décomposer). En revanche, aucune référence historique ne permet d’identifier la période exacte où le lac a connu des pressions venant d’une scierie qui était supposément située à l’endroit même où est actuellement située la plage municipale.

Selon un riverain du lac Carré, des terres humides anciennement reliées à l’affluent principal du lac, situé lui aussi à proximité de la plage municipale, ont été remblayées afin de permettre la construction de quelques résidences. La superficie et la localisation exacte des terres remblayées sont toutefois inconnues.

La rue du Moulin est le résultat de remblais dans le lac. Une quantité étonnante de matériel a été mise dans le lac afin de permettre la création de cette rue, où des résidences sont maintenant érigées.

C’est sans compter les pressions récréotouristiques, notamment la navigation des bateaux à moteur à gaz et la circulation continue des motoneiges sur la glace en hiver. De nos jours, la circulation des motoneiges est plutôt rare et la navigation de bateaux à moteur à essence est interdite depuis 1990 par un règlement fédéral.

Responsabilité citoyenne

André Lambert est président de l’Association pour la restauration et la protection écologique du lac Carré (ARPEC). Il est aux premières loges pour observer le lac Carré, il y habite depuis 21 ans et il a été témoin de plusieurs changements, notamment en ce qui a trait à son état de santé.

« J’ai constaté une légère amélioration de la qualité du lac, de l’eau du lac en général. Dans les années 1980-1990, le myriophylle à épis s’était implanté. Les photos prises au milieu des années 1990 démontrent que le lac pendant l’été était recouvert à 70 % par le myriophylle. »

Il explique que cette plante vivace, comme toutes les autres plantes, a besoin de lumière. C’est pour cette raison qu’on le trouve surtout sur les rives du lac, là où est-ce que l’eau est moins profonde.

« Si le myriophylle cachait la surface de l’eau à 70 %, ça veut dire qu’il y avait 70 % de la surface de l’eau qui était inutilisable. Tu ne vas pas nager dans les plantes aquatiques, tu ne peux pas aller en bateau, tu ne peux rien faire. »

À son arrivée au lac Carré en 2004, la situation s’était légèrement améliorée.

 

 

 

Érosion des berges

M. Lambert précise qu’autrefois, à l’instar de plus plusieurs lacs de Laurentides, les berges du lac Carré étaient recouvertes de gazon.

Notons que la réglementation provinciale exige dorénavant une bande riveraine d’une largeur minimale de dix mètres (si la pente est inférieure à 30 %).

« Le lac Carré est probablement un des lacs de la région qui a été le mieux reboisé. Je dirais qu’on est autour de 85-90 % de conformité. Les deux derniers étés, au lac Carré, le myriophylle était beaucoup moins visible. Ce n’est pas qu’il y en ait moins, c’est qu’il est moins apparent. Si le printemps est chaud et ensoleillé, la plante va profiter rapidement et atteindre la surface. Les printemps 2025 et 2026 ont été plutôt frais et peu ensoleillés », souligne M. Lambert.

Lambert constate que la situation globale s’est légèrement améliorée au cours des 20 dernières années, mais que la guerre est loin d’être gagnée.

Dernière heure

La municipalité de Mont-Blanc, par l’entremise de son infolettre, informait les citoyens, que pendant la semaine du 20 juillet, l’OBV RPNS Organisme des bassins versants des rivières Rouge, Petite Nation et Saumon réalisera un inventaire du myriophylle à épis au lac Carré afin d’évaluer la répartition et la densité de cette plante aquatique envahissante.

À l’aide d’une petite embarcation et d’un drone, l’équipe prendra des photos de l’eau et des herbiers pour mesurer la densité du myriophylle et mieux guider les décisions à venir, qu’il s’agisse d’éradication, de contrôle ou d’autres options de gestion.

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