La médiation culturelle au service de la santé mentale

  • Publié le 4 oct. 2024 (Mis à jour le 13 avr. 2025)
  • Lecture : 3 minutes
Cécile Moreschi


Mathieu Bourret, 36 ans, est pianiste-compositeur-improvisateur de formation classique, mais également médiateur culturel et intervenant social. Récipiendaire du prix Artiste de l’année des Laurentides, catégorie 35 ans et moins (2022), il offre de nombreuses prestations au Québec et dirige des ensembles vocaux de 60 choristes et plus dans les Basses-Laurentides. Il sera d’ailleurs en tournée en décembre et se produira à Mont-Laurier et Val-Morin, entre autres, en plus de sortir son dernier album ILLUMINATION 2 à la fin de novembre.

Bourret explique pourquoi il œuvre dans le domaine de la santé mentale : « Toute la musique que je crée est influencée par mon passé. Plusieurs enjeux dans ma famille m’ont amené à développer une grande empathie envers l’humain. J’ai rapidement compris que la musique avait un pouvoir immense sur le mental, par exemple au niveau de l’expression, pour mettre en musique un état d’âme, une crise. La musique et l’art en général sont vraiment très puissants. »

Qu’est-ce que la médiation culturelle?

Elle se définit comme un processus de mise en relation des différentes sphères de la vie culturelle et sociale, basé sur des échanges et des rencontres entre les citoyens et les milieux culturels et artistiques.

Bourret précise que sa pratique vise à « faire comprendre l’importance de la non-préparation, de la spontanéité. » Dans sa médiation, il essaie de convaincre les participants des bienfaits amenés par l’improvisation, de les « piquer de sa passion ». Il ajoute que, quelle que soit la forme d’art préconisée, il souhaite « amener les gens à comprendre qu’ils peuvent se servir de l’art pour s’exprimer et ne pas rester dans leurs enjeux de santé mentale. »

Comment ça se déroule?

M. Bourret se présente avec son piano, son seul outil nécessaire, le but n’étant pas de donner un spectacle, mais d’amener les gens à participer : « J’arrive sur place. Je commence par voir qui est devant moi, sans aller trop loin dans les questions de santé mentale, car les gens ne sont pas toujours prêts à m’en parler. Après, je leur demande de me donner des thèmes, des idées, et je commence à improviser au piano devant eux. »

Le pianiste confie : « Quand je donne cet atelier, je suis un peu le guide vers l’expression par l’art. Parfois, je place les gens en rond pour un cercle de chant, et je crée avec chaque personne un motif mélodique ou rythmique. J’improvise et en donnant des idées à chacun, ça devient une œuvre collective. »

C’est en dirigeant des chorales que M. Bourret a commencé à voir les bienfaits du chant et de la cocréation, pour ensuite adapter dans ses séances de médiation : « Je crée un écosystème où les gens ne se sentent pas jugés avec leurs enjeux. C’est un espace sécuritaire, car la création n’a pas de tabous, même s’il y a parfois une petite résistance au début. »

« En ma qualité d’intervenant social, je suis souvent aux premières loges de la détresse et je remarque que ça prend juste un peu de lumière pour donner de l’espoir, pour donner un sens à une vie. Je pense que cet atelier-là a pour but d’apporter de la lumière et de la beauté. »

L’activité Quand la création rassemble se tiendra jeudi 10 octobre à 19h00, à la salle communautaire de Lac-Supérieur (1295, Ch. Du Lac-Supérieur.) Il est nécessaire de s’inscrire via le Portail-Citoyen et la participation est gratuite et ouverte à tous.

« Je pense que cet atelier-là a pour but d’apporter de la lumière et de la beauté. »

– Mathieu Bourret

 

 

 

 

 

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