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Pascal Normand, l’artiste du patrimoine bâti

  • Publié le 28 janv. 2026 (Mis à jour le 28 janv. 2026)
  • Lecture : 3 minutes

Le photographe et peintre Pascal Normand s’intéresse depuis plusieurs années au patrimoine bâti du Québec. Les Laurentides ont fait partie de son terrain de jeux.

Tout commence la nuit. Armé de son appareil photo, l’artiste déambule à la recherche de ses prochaines muses, nombre d’entre elles sont des bâtiments iconiques. En 2025, il possédait un chalet à Lac-Supérieur, pour s’y rendre il passait inévitablement devant l’ancien Hôtel Le Montagnard et de sa célèbre enseigne de Mont-Blanc (anciennement Saint-Faustin–Lac-Carré) qui arbore un colon portant une ceinture fléchée et fumant sa pipe est un symbole fort du patrimoine local.

Pleine lune

Contrairement à la prise de clichés de nuit en milieu urbain, celle en milieu rural comporte son lot de défis. « Il faut attendre la pleine lune. J’ai besoin d’un certain apport de lumière et là où il n’y a pas de pollution lumineuse, la clarté qu’apporte la lune est essentielle. »

Le projet s’est déroulé en 2015, l’artiste explique qu’à cette époque on parlait d’une relance de l’hôtel, elle n’aura pas eu lieu.

La démarche artistique et la technique

L’artiste explique sa démarche artistique et les techniques qu’il emploie pour chacun de ses œuvres. « En arts visuels, on appelle ça une technique mixte. C’est basé sur l’apport photographique, je prends des photos de nuit. La deuxième étape est celle du travail numérique, une impression au jet d’encre sur toile. La dernière étape est la peinture que j’applique sur chacun des œuvres. »

Le patrimoine bâti fait partie de sa démarche artistique. « Peu importe le lieu, je m’inspire de tout ce qui est iconique et qui frappe l’imaginaire collectif ainsi que le rapport à un sentiment d’appartenance et d’identité. »

Pour l’artiste, la réflexion sociale et patrimoniale est cruciale. « À mes yeux, il s’agit aussi de susciter une réflexion sociale et patrimoniale. D’ailleurs, la reconnaissance de mon œuvre me permet d’endosser un rôle actif dans le paysage urbain. Ma signature interpelle l’imaginaire et invite à une prise de conscience des liens de cause à effet dans notre environnement. »

Il explique qu’en partageant des histoires sur leurs paysages, les gens peuvent mieux comprendre la diversité culturelle et géographique qui enrichit le monde. « Par le biais de l’art et de sa diffusion active, je contribue à éveiller les sensibilités et à approfondir la compréhension des enjeux liés à la valorisation du patrimoine. Celui-ci devient ainsi le théâtre d’une histoire populaire, en résonance avec les paysages mis en lumière. »

Outre Mont-Blanc, l’artiste s’est aussi inspiré de l’ancienne base militaire canadienne à Saint-Adolphe-d’Howard.

Rappel historique

Le bouquin Centenaire de la municipalité de Saint-Faustin 1881–1981, nous en apprend un peu plus sur la petite histoire de l’hôtel. Trois générations de Dufour, Médard, Albert et Guy, s’y sont succédé.

En 1905, le grand-père Médard possède un hôtel situé à côté du bureau de poste actuel. Le bâtiment n’existe plus. Quatre ans plus tard, il fait l’acquisition d’un autre hôtel (Mountain View Inn) et cède son premier établissement à son fils Absolon.

En 1922, Albert Dufour prend la succession et change le nom de l’hôtel Mountain View Inn pour celui de Le Montagnard.

Pendant 23 ans, on y célébrait, des baptêmes et des mariages entre autres. À cette époque, une bouteille de bière grand format se vendait 0,25$ et l’addition d’un copieux repas s’élevait à 0,75$. On pouvait aussi y louer une chambre pour la nuit pour la somme de 1$.

En 1945, M. Guy Dufour succède à son père. En 1950, il déménage l’hôtel à l’emplacement actuel. Il fait l’ajout du Bar Totem.

 

L’Hôtel Le Montagnard a été reconnu pour ses spectacles de cabaret avant sa fermeture définitive survenue en 2007. L’établissement était un lieu de rencontre populaire, connu pour ses spectacles de cabaret et ses revues avec effeuilleuses, puis plus tard, comme restaurant-bar. Il est inscrit à l’Inventaire du patrimoine culturel de la MRC des Laurentides.

En 2023, le directeur du service urbanisme et environnement de la municipalité de Mont-Blanc, Jérémy Jourdain, a présenté la demande d’un promoteur immobilier qui souhaitait établir un projet intégré d’habitation de 16 logements, dont la hauteur du bâtiment principal s’élèverait à 15 m (le bâtiment actuel mesure 11 m. De nombreux citoyens ont exprimé leur opposition face à ce projet et plus particulièrement en ce qui a trait à la hauteur et au nombre d’étages projetés, ainsi qu’au fait que le bâtiment et la maison seraient détruits. Les membres du conseil ont considéré que cette opposition est suffisante pour rejeter le projet tel que présenté, la demande a été rejetée à l’unanimité.

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