C’est déjà le temps des impôts! Si cette période peut représenter un certain stress pour plusieurs, il est important de bien planifier et de comprendre toutes les subtilités des déclarations d’impôts. En étant bien organisé, il est possible d’aller chercher beaucoup plus d’argent qu’on ne le pense. On en discute avec Sarah Phaneuf, associée, fiscalité chez Raymond Chabot Grant Thornton.
« Ça semble simple, mais il faut s’assurer de ne rien oublier. On voit souvent que les gens oublient des documents et des relevés. Cela amène des montants supplémentaires à payer avec des intérêts. Il faut s’assurer d’organiser nos choses et d’avoir tout en main au moment de faire ses impôts », indique Sarah Phaneuf. Par exemple, certaines personnes peuvent avoir des placements à différents endroits et les institutions les envoient de façon différente : par la poste ou en ligne.
Avec un peu de planification à l’avance, il est possible d’aller chercher des montants supplémentaires. « Il y a une question de timing dans certaines décisions. Par exemple, si on pense à la déduction REER, ce n’est pas parce qu’on cotise durant une année qu’on est obligés de la déduire cette même année. On peut, par exemple, planifier de déduire cette cotisation pendant une année où l’on sait qu’on aura un plus gros revenu (exemple : vente d’immeuble). À l’inverse, on ne veut pas prendre une déduction REER durant une année où l’on a peu ou pas de revenu (où le taux d’imposition sera moins élevé). »
La planification est aussi importante pour le crédit des frais médicaux. Au niveau fédéral, il est possible d’avoir un crédit quand les frais médicaux dépassent 3 % du revenu. Au niveau provincial, c’est 3 % du revenu familial. « On peut réclamer le crédit pour les frais payés dans n’importe quelle période de 12 mois qui se termine dans l’année. Ça peut nous permettre d’optimiser notre crédit selon la période que l’on choisit. »
« On ne connaît pas toujours tous les crédits d’impôt qui sont disponibles et auxquels on a droit. Les frais médicaux en sont un bon exemple », souligne la fiscaliste. Il y a également un crédit pour les dons de bienfaisance : il faut présenter les reçus et les relevés et c’est assez facile à aller chercher. « On peut penser aussi au crédit pour le maintien à domicile des aînés. » Pour connaître tous les crédits auxquels nous avons droit, Sarah Phaneuf suggère d’aller consulter la liste des crédits afin de ne rien oublier.
« Au Canada, on produit des déclarations sur une base individuelle, mais certaines choses se calculent sur une base de couple », explique la fiscaliste. Notamment, avec le fractionnement du revenu de pension, on peut répartir les revenus entre deux conjoints et le taux d’imposition sera plus avantageux. Encore ici, pour les frais médicaux, il est plus avantageux de les calculer sur une base familiale.
Si cela peut sembler évident, il y a beaucoup de personnes qui ne respectent pas les délais. Il y a toutefois plusieurs frais et pénalités lorsqu’on ne soumet pas sa déclaration à temps. « Si on a des impôts à payer, il y aura des intérêts sur ceux-ci et sur les pénalités. On peut aussi se priver de certains crédits. Il y a un coût à ne pas produire sa déclaration ou à le faire en retard. »
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