Ovila Légaré, la biographie d’un amoureux des Laurentides

  • Publié le 30 janv. 2026 (Mis à jour le 2 févr. 2026)
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Photo: gracieuseté
Photo: gracieuseté

Ovila Légaré, comédien, chanteur et conteur fut le témoin privilégié d’un Québec en pleine transformation. France Légaré – sa petite-fille – et Josée Bouchard – ethnologue et chercheuse – font revivre l’homme et l’artiste dans un ouvrage qui vient tout juste de paraître.

Ovila Légaré a vu le jour à Montréal le 21 juillet 1901. On le décrit comme étant l’un des pionniers du milieu artistique québécois. Le jeune Ovila se passionne pour le folklore. C’est d’ailleurs grâce à ses grands-parents, amateurs de chansons folkloriques, qu’il s’oriente vers ce répertoire.

En 1925, il épouse Émilia Deguir. Selon l’acte de mariage, il exerce alors la profession de peintre-lettreur. Parallèlement à ce métier, il joue au théâtre lors des activités des cercles dramatiques.

C’est en 1927 qu’Ovila décroche un premier rôle au Monument-National, celui de Jos Montferrand. Un rôle qui fait aussi appel à ses talents de chanteur. C’est ainsi que débute sa longue carrière de comédien, il demeure toutefois profondément attaché au folklore. Il connait du succès notamment grâce au succès populaire des Veillées du bon vieux temps, qu’il anime avec Conrad Gauthier, c’est pendant les années 1925-1935.

En 1932, il fonde sa propre troupe de théâtre, dont les principaux comédiens sont, entre autres, Blanche Gauthier, Georges Bouvier, Eugène Daigneault et Jeannette Deguire.

Dans les années 1930, il enregistre, tantôt en soliste, tantôt accompagné par Blanche Gauthier, Juliette Béliveau ou La Bolduc. Cette dernière l’accompagne au violon et à la guimbarde. Plusieurs des chansons de Légaré, dont C’est comme ça que ça s’passe dans l’temps des fêtes, La Bastringue et Chapleau fait son Jour de l’An, connaissent un vif succès.

On l’entend régulièrement dans plusieurs feuilletons radiophoniques des années 1930 et 1940 dont Le Curé de village dans lequel il interprète le curé sur les ondes de la station de radio CKAC.

Au cinéma, on le verra dans Le Père Chopin, La loi du silence d’Alfred Hitchcock.

Il fait aussi sa marque dans son rôle de Didace Beauchemin dans deux séries télévisées qui ont marqué les années 1950 : Le Survenant et Au chenal du moine. On le verra par la suite dans Sous le signe du lion de Françoise Loranger, La Pension Velder de Robert Choquette et Quelle famille! de Janette Bertrand et Jean Lejeunesse.

L’autrice – et petite d’Ovila – se remémore qu’à partir de l’âge de 11 ans, parce qu’elle déplorait de voir son grand-père que pendant le temps de fêtes, elle n’hésitait pas à parcourir plusieurs kilomètres à pied pour aller à sa rencontre. « J’habitais à Rivière-des-Prairies et je marchais jusqu’à Ahuntsic là où il habitait. »

Le livre

Sur la quatrième de couverture de l’ouvrage, on lit : « Ovila Légaré fut bien plus qu’un comédien, un chanteur et un conteur : il fut le témoin privilégié d’un Québec en pleine transformation. De la scène aux ondes radiophoniques, de la musique folklorique au théâtre, il a porté la voix d’un peuple et donné chair à une mémoire collective. Témoignages, anecdotes et souvenirs se mêlent aux recherches historiques pour dévoiler un portrait intime et vibrant, où la chaleur humaine côtoie le talent immense. Mais au fil de l’écriture, une évidence s’impose : ce livre dépasse la trajectoire d’un seul homme. Il devient le récit d’un Québec d’autrefois, celui des traditions, des luttes et de la dignité de tout un peuple. Comment cet héritage peut-il encore éclairer notre présent ? »

Les Laurentides

Les Laurentides occupaient une place toute spéciale dans le cœur d’Ovila Légaré. Pendant de nombreuses années, il louait un chalet à Saint-Donat et il aimait venir faire son tour à Saint-Jovite, il y retrouvait l’atmosphère des villages, la chaleur des gens et une proximité avec la nature. Ces visites nourrissaient son jeu, son regard et surtout sa façon d’habiter les personnages qu’il incarnait.

Une rencontre-causerie

Le Club des bons vivants de Mont-Tremblant, en collaboration avec SOPABIC, invite le public à une rencontre-causerie intitulée Ovila Légaré – L’homme derrière l’œuvre, raconté par sa petite-fille, le mercredi 4 février 2026, de 18h30 à 20h30, au 407, rue de Saint-Jovite, à Mont-Tremblant. À travers récits, souvenirs et archives, sa petite-fille, France Légaré, partage l’homme derrière l’œuvre et fait revivre une mémoire qui traverse les générations.

L’entrée est libre, les places sont limitées. On confirme sa présence au info.ovilalegare@gmail.com

 

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