Silence radio(logique) à Mont-Tremblant

Photo: Pexels
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Les patients qui se rendent chez Radiologie Mont-Tremblant (RMT) se voient refouler au comptoir, on n’offre plus de service de radiologie. L’info a tenté d’en savoir plus. Radiologie d’un mystère.

Nombreux sont les patients (munis d’une requête), qui profitaient depuis quelques années de service de radiologie de proximité. Mais depuis quelques semaines, c’est silence radio. La clinique qui opérait trois jours par semaine a cessé ses activités. Et si on tente de les joindre par téléphone? « Il n’y a plus de service au numéro que vous avez composé. »

Évidemment, le premier réflexe a été de tenter de joindre le propriétaire. Mais la boite vocale de M. Jean-Claude Eric Gbedokpossy est au maximum de sa capacité. Notons, qu’il est aussi le directeur général de la Clinique Tomo Concorde à Laval, mais impossible de le joindre là-bas non plus.

D’autre part, la réponse parvenue peu de temps après notre demande auprès du CISSS des Laurentides n’a pas été très utile pour élucider ce mystère : « Après validation, comme cette clinique relève du secteur privé et non du CISSS des Laurentides, nous ne pouvons pas nous prononcer sur ce dossier. Nous vous invitons plutôt à joindre les relations médias de Santé Québec, qui pourront répondre à vos interrogations. »

Précisons que les radiographies effectuées à la clinique étaient couvertes par la RAMQ.

Révocation de permis?

Une source qui souhaite garder l’anonymat avance une hypothèse : on aurait révoqué le permis (LIM) de Radiologie Mont-Tremblant.

C’est le Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) qui étudie les demandes de permis des laboratoires de biologie médicale et de radiologie au Québec. Il s’assure de leur conformité et recommande l’émission ou le renouvellement de ces permis à Santé Québec. Pour les laboratoires d’imagerie médicale générale et de radiologie diagnostique spécifique à la médecine, les permis sont valides pour une période de deux ans et renouvelés en fonction de la date d’obtention du permis.

La réponse du LSPQ a été sans équivoque : « Nous vous référons à Santé Québec. »

L’info s’est donc tourné vers Santé Québec, cette fois la réponse a mis plusieurs jours à arriver.

Au tour de Santé Québec

Après plusieurs journées d’attente, une réponse on ne peut plus laconique nous est parvenue. « Nous devons d’abord préciser que la clinique de radiologie Mont-Tremblant est une instance privée et que, pour cette raison, nos commentaires sont limités. À titre informatif, certaines cliniques privées offrent des services remboursés par la RAMQ, mais seulement dans des circonstances précises. Pour le moment, il nous est impossible de nous prononcer sur un éventuel non-renouvellement du permis d’exploitation du laboratoire d’imagerie médicale. »

L’info revient à la charge en demandant à Santé Québec de confirmer si c’est à eux qu’incombe la responsabilité de révoquer un permis et si cette décision peut être connue du public. Leur réponse nous laisse dans un brouillard opaque. « C’est effectivement Santé Québec qui émet les permis de Laboratoire d’imagerie médicale et qui peut prendre une sanction à leur égard. Nous ne souhaitons pas commenter les situations impliquant une révocation de permis. »

Un appel inattendu

De nombreux jours après les nombreuses tentatives de contact, surprise, le propriétaire et gestionnaire de RMT, Jean-Claude Eric Gbedokpossy rappelle enfin L’info.

Il justifie la suppression de la ligne téléphonique au désir le moderniser tout le système téléphonique. Quant à l’absence d’information sur la porte d’entrée de la clinique, il promet d’y remédier. « En revanche, l’information est bien affichée au bureau d’accueil », précise-t-il toutefois.

« Nous n’avons pas mis la clé sous la porte de la clinique, et nous n’avons pas perdu notre permis. » Il poursuit en expliquant qu’il s’agit d’une mesure temporaire puisqu’une pièce importante a dû être remplacée sur son appareil de radiologie et que la clinique ne peut reprendre ses activités avant qu’une inspection du Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) ne soit effectuée et que le permis soit réactivé.

Et ce n’est malheureusement pas le premier bris de service de la part de cette clinique. Un dossier que L’info continuera de suivre.

Une clinique de radiologie, est-ce viable pour Tremblant?

L’info s’est entretenu avec Dr Simon-Pierre Landry, médecin de famille au GMF du Grand Tremblant, quant à la possibilité de l’instauration d’une clinique de radiologie à même les locaux de la future clinique médicale.

À l’heure actuelle, en raison de la fermeture de Radiologie Mont-Tremblant, les patients munis d’une requête pour une radiographie ou une échographie doivent se déplacer soit à Saint-Sauveur ou à Saint-Jérôme s’ils souhaitent obtenir leur résultat rapidement. Les délais dans les hôpitaux de Sainte-Agathe et de Rivière-Rouge sont extrêmement longs.

La solution idéale

Pour Dr Simon-Pierre Landry, médecin de famille au GMF du Grand Tremblant, la solution idéale serait d’accueillir une franchise d’une clinique telle que RadilologiX, Imagix ou Echomedic comme on en trouve plus au sud, soit à Saint-Sauveur ou à Saint-Jérôme à même la nouvelle polyclinique médicale de Mont-Tremblant qui prévoit ouvrir ses portes en décembre prochain. « Imaginez le scénario, à la suite d’une blessure de la cheville, le patient consulte à la clinique, je l’examine, il descend un étage pour sa radiographie, la lecture se fait par à distance par un radiologiste et j’offre au patient le traitement approprié. Pas de visite aux urgences, pas de déplacement inutile, pas d’attente interminable. Et pour les patients, il s’agirait d’un service assuré par la RAMQ, donc sans frais. Tout le monde serait gagnant! », souligne le médecin de famille.

 

Mais avec ses 12 062 habitants, la franchise ferait-elle ses frais? « Nous croyons qu’une clinique de radiologie serait viable à Mont-Tremblant, parce qu’elle recevrait des patients de l’ensemble de la région et parce que les hôpitaux pourront alors se concentrer sur les patients qui consultent à l’urgence de leur hôpital », renchérit Dr Landry. L’équipe du campus santé de Mont-Tremblant s’affaire actuellement à convaincre les propriétaires de telles cliniques à instaurer une franchise ici à Tremblant. « On pense que c’est la suite logique », conclut le médecin.

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