Radiologie Mont-Tremblant perd sa licence

  • Publié le 13 avr. 2026 (Mis à jour le 13 avr. 2026)
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Photo: Médialo – Patrice Francœur
Photo: Médialo – Patrice Francœur

L’info en avait fait sa manchette principale, les patients qui se rendaient chez Radiologie Mont-Tremblant se voyaient refouler au comptoir, on n’y offrait plus de service de radiologie. Selon son gestionnaire, Jean-Claude Eric Gbedokpossy, cet arrêt ne devait être que temporaire. Ce sera malheureusement permanent.

En effet L’info a été informé mercredi dernier (8 avril) par Santé Québec que leur licence LIM a été révoquée.

C’est le Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) qui étudie les demandes de permis des laboratoires de biologie médicale et de radiologie au Québec. Il s’assure de leur conformité et recommande l’émission ou le renouvellement de ces permis à Santé Québec. Pour les laboratoires d’imagerie médicale générale et de radiologie diagnostique spécifique à la médecine, les permis sont valides pour une période de deux ans et renouvelés en fonction de la date d’obtention du permis. Celle de Radiologie Mont-Tremblant ne le sera pas.

Des propos rassurants?

L’info s’était entretenu avec M. Gbedokpossy et ce dernier s’était fait rassurant. « Nous n’avons pas mis la clé sous la porte de la clinique, et nous n’avons pas perdu notre permis. » Il poursuivait en expliquant qu’il s’agissait d’une mesure temporaire puisqu’une pièce importante devait être remplacée sur son appareil de radiologie et que la clinique ne pouvait reprendre ses activités avant qu’une inspection du LSPQ ne soit effectuée et que le permis soit réactivé. Force est de constater qu’il en a été autrement.

Révocation

Santé Québec n’a pas voulu préciser pour quelle raison particulière la licence a été révoquée. « Nous souhaitons vous aviser que Santé Québec a décidé de ne pas renouveler le permis du Laboratoire d’imagerie médicale Radiologie Mont-Tremblant, conformément à la Loi sur les laboratoires médicaux et sur la conservation des organes et des tissus », pouvait-on lire dans leur courriel.

Sans vouloir préciser les motifs pour cette révocation dans ce cas précis, Santé Québec a toutefois énuméré les motifs qui permettent, de façon générale, de refuser de renouveler un permis. Elles sont multiples. Notons, parmi celles-ci que le permis peut être révoqué si le titulaire a été déclaré coupable d’une infraction à la Loi ou à ses règlements ou a été déclaré coupable d’un acte criminel relié à l’exploitation du service pour lequel il est titulaire d’un permis ou s’il ne remplit plus les conditions requises pour obtenir son permis. Le permis ne pourrait être renouvelé si son titulaire est insolvable ou sur le point de le devenir. Idem s’il n’obtient pas l’agrément des services qui sont dispensés dans le laboratoire dans un délai de trois ans à compter de la délivrance du permis ou qui ne maintient pas cet agrément par la suite. Finalement, on révoquera le permis si son titulaire ne respecte pas les obligations qui lui sont imposées par la Loi ou l’un de ses règlements ou qu’il ne dispose pas de l’autorité nécessaire pour permettre aux médecins radiologistes qui en font la demande d’y exercer leur profession.

Santé Québec a plutôt proposé à  L’info d’effectuer une demande d’accès à l’information afin de connaître les raisons spécifiques du non-renouvellement du permis. La demande a été faite et une réponse un accusé de réception n’a pas tardé à arriver. On nous informait que la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels prescrit un délai de 20 jours aux organismes publics pour répondre à toute demande d’accès. Cependant, pour la présente demande, on n’estime ne pas être en mesure de répondre dans le délai prescrit et qu’un délai supplémentaire de 10 jours est nécessaire. À suivre.

Amélioration des services, vraiment?

Encore à ce jour, sur la vitrine de la clinique, une affiche informe les patients de la fermeture temporaire de la clinique, on y lit : notre clinique est temporairement fermée pour une amélioration de nos services, nous serons bientôt de retour.

Une ex-employée qui en a gros sur le cœur

L’info s’est entretenu avec une ex-employée qui a souhaité garder l’anonymat, parce qu’elle désire tourner la page sur cette période de sa vie. « Hourra! », a-t-elle lancée lorsqu’elle a appris que la licence avait été révoquée. ? « J’y ai travaillé pendant 6 mois et je ne crois pas avoir été rémunéré pour plus de 3 mois, à chaque fois j’ai dû fortement insister pour être payé, on me faisait alors parvenir un virement Interac. J’ai aussi beaucoup insisté – en vain – pour avoir un talon de chèque digne de ce nom, sur le mien n’apparaissaient même pas mon taux horaire et le nombre d’heures travaillé, du gros n’importe quoi. » Ce qui est d’autant plus choquant pour cette technologue, c’est qu’elle a dû quitter Mont-Tremblant, son milieu de vie, après avoir claqué la porte de la clinique. « Je n’ai pas trouvé un autre emploi dans la région et j’ai dû m’exiler », déplore-t-elle.

 

La balle est-elle dans le camp du Campus Santé?

Les patients munis d’une requête pour une radiographie ou une échographie doivent se déplacer soit à Saint-Sauveur ou à Saint-Jérôme s’ils souhaitent obtenir leur résultat rapidement. Les délais dans les hôpitaux de Sainte-Agathe et de Rivière-Rouge sont extrêmement longs.

Pour Dr Simon-Pierre Landry, médecin de famille au GMF du Grand Tremblant, la solution idéale serait d’accueillir une franchise d’une clinique telle que RadiologiX, Imagix ou Echomedic comme on en trouve plus au sud, soit à Saint-Sauveur ou à Saint-Jérôme à même la nouvelle polyclinique médicale de Mont-Tremblant qui prévoit ouvrir ses portes en décembre prochain. « Imaginez le scénario, à la suite d’une blessure de la cheville, le patient consulte à la clinique, je l’examine, il descend un étage pour sa radiographie, la lecture se fait à distance par un radiologiste et j’offre au patient le traitement approprié. Pas de visite aux urgences, pas de déplacement inutile, pas d’attente interminable. Et pour les patients, il s’agirait d’un service assuré par la RAMQ, donc sans frais. Tout le monde serait gagnant! », souligne le médecin de famille.

Mais avec une population d’à peine 12 000 habitants, la franchise ferait-elle ses frais? « Nous croyons qu’une clinique de radiologie serait viable à Mont-Tremblant, parce qu’elle pourrait recevoir des patients de l’ensemble de la région et parce que les hôpitaux pourront alors se concentrer sur les patients qui consultent à l’urgence de leur hôpital », renchérit Dr Landry. L’équipe du Campus santé Mont-Tremblant s’affaire actuellement à convaincre les propriétaires de telles cliniques à instaurer une franchise ici à Tremblant. « On pense que c’est la suite logique », conclut le médecin.

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