Les sportives badass de Curé-Mercure

  • Publié le 18 mai 2022 (Mis à jour le 12 avr. 2025)
  • Lecture : 2 minutes

16h30. Quinze minutes après le son de la cloche, Raphaëlle Rochon et Adèle Masson-Corpening enfilent short et chaussures de sport et rejoignent leurs coéquipières des Voyageurs, le nom de l’équipe de rugby au terrain de football de la Polyvalente Curé-Mercure à Mont-Tremblant. Bien qu’elles apprécient de bouger et socialiser avant de rentrer au bercail, elles souhaitent encourager les jeunes filles à adopter ce sport.
« On aime ça avoir le titre de sport bad-ass[…] On est fière de faire un sport qui est difficile et technique », exprime avec rigueur Adèle Masson-Corpening.

Comme son amie, Adèle n’avait aucune connaissance de l’existence de ce sport de contact avant de rentrer au secondaire. C’est en regardant les autres qu’elle s’est mise à s’y intéresser.

«Ce sport-là est unique et différent. Ce n’est pas un sport que tout le monde pratique. Quand j’ai vu toutes mes amies s’inscrire, j’avais moi aussi envie de m’inscrire», exprime Adèle.

Les jeunes de 3e au 5e secondaire n’ont pu faire de joute pendant plus de deux ans en raison de la pandémie. « Ça défoule, ça fait du bien et l’esprit d’équipe fait du bien [de retourner sur le terrain] », dit-elle.

Pour l’amour du sport

Le simple fait d’être un sport de contact a suscité par le passé certains doutes dans l’entourage des jeunes filles. « Les gens me disaient : ‘’tu fais un sport de contact?’’ en étant surpris comme si on n’y avait pas notre place », exprime Raphaëlle Rochon.

Adèle abonde dans ce sens, mais remarque tout comme son amie un changement dans la perception des gens.

« C’est sûr que j’avais des craintes, mais quand j’ai joué la première fois, j’ai remarqué que les contacts ne sont pas faits avec de la rage ou de la violence. On est bien entouré par les entraineurs qui nous apprennent à bien plaquer, prendre le contact. Ça fait peur, mais quand tu es sur l’adrénaline de la game, ça ne fait pas mal. »

La polyvalente Curé-Mercure est la seule école publique de niveau secondaire à avoir une équipe de rugby féminin. Leurs adversaires sont des écoles situées dans la région de Montréal.

Pour l’entraineur-chef Serge-Alexandre Bouchard, il qualifie «d’exploit» de former une équipe composée de 15 joueuses à Mont-Tremblant.

« Elles sont vraiment tenaces », constate avec fierté M. Bouchard. Les filles sont vraiment bonnes. Ça fait longtemps qu’elles pratiquent et elles avaient hâte de jouer.»

« C’est un sport auquel les filles de tous les gabarits vont retrouver leur place. Tu peux être plus costaude, plus rapide, forte, petite ou grande, c’est vraiment inclusif. Il y a de belles valeurs dans ce sport-là »,
Serge-Alexandre Savard

Une saison courte

Les filles doivent se donner corps et âme à l’entrainement, car leur saison de rugby comporte très peu de matchs.

En date du 12 mai, les Voyageurs ont obtenu une victoire et deux défaites dans le GMAA, le pendant anglophone du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). Le 11 mai, la troupe de Serge-Alexandre Bouchard est passée près de battre l’école secondaire Westwood, l’un des meilleurs de programme de rugby de la province en perdant par la marque de 27 à 21.

Les filles de Mont-Tremblant l’ont affronté de nouveau le lundi 16 mai. La finale de la saison est prévue dans la semaine du 30 mai.

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