Michel J. Lévesque signe son premier polar pour adultes

  • Publié le 7 sept. 2026 (Mis à jour le 7 sept. 2026)
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Michel J. Lévesque
Michel J. Lévesque

Résident de Mont‑Blanc, Michel J. Lévesque signe avec Qui tuera Betty Gauthier?, un premier polar pour adultes qui bouscule les codes traditionnels du genre.

Pour l’auteur, l’écriture a commencé par un simple devoir de français. Il avait 13 ans, en secondaire 1, lorsqu’un professeur lui a demandé de rédiger une nouvelle. « Ça a commencé comme ça. J’ai trippé tout de suite », raconte‑t‑il. Ce plaisir spontané s’est transformé en vocation, puis en carrière. Mais le chemin vers la publication n’a pas été immédiat.

Son premier roman officiellement publié, Samuel de la chasse-galerie, a vu le jour en 2006. À l’origine, il s’agissait d’un roman pour adultes, mais les maisons d’édition ont refusé le manuscrit. Lévesque a alors décidé de le retravailler pour en faire un livre jeunesse, un virage qui s’est avéré déterminant. « À l’époque, Harry Potter explosait, la lecture jeunesse avait un gros boom. Il y avait beaucoup plus d’opportunités pour les auteurs jeunesse », explique‑t‑il. Il a donc envoyé son manuscrit à plusieurs éditeurs spécialisés, et l’un d’eux l’a accepté.

Arielle Queen

Ce premier succès l’a mené vers un projet qui allait marquer sa carrière : la série « Arielle Queen », publiée aux Intouchables. « On a vendu autour de 200 000 copies pour les 12 tomes, uniquement en français. Ce sont des chiffres qu’on ne voit plus du tout aujourd’hui », souligne‑t‑il. À cette époque, l’auteur vivait entièrement de sa plume. « Je sortais deux livres par année. J’avais suffisamment de revenus pour écrire à temps plein. C’étaient de très bonnes années. »

La série s’inscrivait dans une période faste pour la littérature jeunesse québécoise. Les Intouchables dominaient le marché avec des titres phares comme Amos Daragon ou Le journal d’Aurélie Laflamme. Lévesque se souvient des salons du livre où les files de lecteurs s’étiraient devant sa table de signature. « Ça fonctionnait beaucoup. C’était vraiment des bonnes années. »

Un lectorat varié

Malgré ce succès, l’auteur n’a jamais voulu se limiter à un seul public. « Quand j’ai commencé à écrire, je ne pensais pas écrire juste du jeunesse », dit‑il. Il a donc amorcé un retour vers la littérature pour adultes. Son premier roman adulte, Prince charmant.com, a ouvert la voie. Il a ensuite publié Au bout de la folie sous le pseudonyme Miguel Ardan, une manière de se détacher de son image d’auteur jeunesse.

Son plus récent projet marque une nouvelle étape : un premier polar pour adultes,  Qui tuera Betty Gauthier?, paru le 5 août. Lévesque voulait aborder le genre autrement. « Je voyais beaucoup de romans policiers passer, mais c’était souvent la même chose : un enquêteur qui enquête sur un crime. Ça n’enlève rien aux auteurs de polar, mais moi, je voulais prendre ça d’un point de vue différent. »

L’idée lui est venue en réfléchissant à la dynamique des duos d’enquêteurs, fréquents dans le genre. « Je me suis dit : tiens, je vais mettre en scène deux méchants. Deux tueurs qui cherchent la même femme. » Pour rendre l’intrigue encore plus originale, il a ajouté un troisième personnage qui enlève la femme avant que les deux tueurs ne puissent l’atteindre. « Ça m’est venu comme ça. Je me suis dit que ça pourrait être original. »

Lorsqu’il a présenté le concept à Saint‑Jean Éditeur, la réponse a été immédiate. « Ils ont tout de suite embarqué dans le trip », dit‑il en souriant. Ce soutien a confirmé que son idée trouvait sa place dans le paysage littéraire actuel, où les lecteurs cherchent des propositions nouvelles et des angles inattendus.

Avec ce nouveau polar, Michel J. Lévesque confirme sa volonté de sortir des sentiers battus et d’explorer des territoires littéraires où il peut réinventer les codes. Il poursuit une trajectoire marquée par la diversité et l’audace, fidèle à l’élan créatif qui l’habite depuis ses débuts.

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