Chantale Jeannotte ne briguera pas un troisième mandat

  • Publié le 1 juin 2026 (Mis à jour le 1 juin 2026)
  • Lecture : 3 minutes

Ayant œuvré pendant huit ans comme députée de Labelle, Chantale Jeannotte a annoncé récemment qu’elle ne briguerait pas un troisième mandat.

La question est sur toutes les lèvres, est-ce que la décision de la députée de Labelle a été influencée par la dégringolade de la Coalition Avenir Québec (CAQ) dans ces sondages des derniers mois? « Non », répond la principale intéressée. « J’aurais pu continuer parce que je me serais battue, puis honnêtement, je continue à croire qu’il y a une place pour la troisième voie que représente la CAQ », ajoute-t-elle.

L’usure

Les raisons sont plutôt de l’ordre de l’épuisement, et non de lassitude, précise-t-elle.

« L’engagement politique, ce n’est pas un travail comme les autres. C’est une fonction, puis c’est du 24-7. » Elle précise que la circonscription qu’elle représente est vaste et compte 27 municipalités.

« En tant que députée, les dossiers t’occupent l’esprit de façon permanente. Ici, je parle de la charge mentale. Et puis au bout de huit ans, il y a une fatigue intellectuelle, émotive et même physique. Pourquoi? Parce que chaque semaine tu montes à Québec avec ton auto. Et ce, beau temps, mauvais temps, tempête, pas tempête et qu’ensuite tu dois revenir dans ton comté. »

Elle précise qu’elle ne se retire pas de gaieté de cœur. « Parce que j’en mange de la politique, puis j’aurais pu continuer, mais le cumul de tout ça… » Elle ajoute qu’elle et son équipe travaillent à dresser le bilan de ses 8 années en tant que députée de Labelle.

Les irritants

Les travaux parlementaires qui incluent le processus d’adoption des lois, les débats au Salon bleu, le travail en commission parlementaire et les séances de questions visant à contrôler l’action du gouvernement ont pesé lourd sur les épaules de la députée.

« Les travaux parlementaires à Québec ça prend une réforme, ça c’est majeur aussi, c’est dépassé, vraiment. Puis même si dans notre gouvernement, on a la chance de parler beaucoup au niveau du caucus, de s’exprimer. Parfois, il arrive que les dossiers aillent trop vite, puis il faut que tu te démènes pour aller parler au ministre sectoriel, puis dire que tu n’es pas d’accord. La ligne de partie… Il faut toujours que tu sois en accord avec ton gouvernement. Puis ça aussi ça pèse là, parce que ce n’est pas vrai que les députés sont toujours en accord avec le gouvernement en place. Il faut que tu joues en équipe et je suis une personne d’équipe, mais je dois avouer qu’après huit ans, c’est plus dur de jouer en équipe », précise-t-elle.

Du temps, enfin!

Mais que fera l’ex-députée au lendemain des élections?

« Contrairement à mon mari qui fait 130 jours de ski par hiver, puis 6000 km de vélo par été, moi je ne pourrais pas faire ça, je mourrais d’ennui (rire). Je suis une personne sociale. Oui, je pratique du sport, mais j’ai besoin du monde. »

Parmi les projets qu’elle caresse, elle mentionne le coaching. « Peut-être pour les jeunes femmes qui voudraient partir en politique ou peut-être même des hommes. »

Celle qui a étudié en sciences politiques longtemps ne fermerait pas la porte non plus à réintégrer le monde des médias. « Peut-être la radio, je trippais sur la radio. »

Son parcours

Chantale Jeannotte est née en 1964 à Montréal, elle a été élue députée de Labelle à l’Assemblée nationale du Québec sous la bannière de la Coalition Avenir Québec (CAQ) lors des élections générales du 1er octobre 2018.

Jeune, elle rêvait de devenir comédienne, en 1981, elle entame des études collégiales en sciences de la parole au Conservatoire Lassalle, elle obtient son diplôme (DEC) deux ans plus tard. Elle complète ensuite un baccalauréat et une maîtrise en sciences politiques à l’Université de Montréal, suivie d’un diplôme d’études approfondies de la Sorbonne à Paris.

En début de carrière, elle est journaliste pour Radio-Canada (radio et télé), notamment en Alberta pendant presque un an. Elle se tourne ensuite vers la fonction publique, où elle cumule 27 années d’expérience dans différents ministères du gouvernement fédéral, dont 17 ans en développement économique régional.

Le 20 août 2018, elle est choisie par la CAQ comme candidate dans la circonscription de Labelle. Aux élections générales, elle défait, par 600 voix, Sylvain Pagé du Parti Québécois, député de la circonscription pendant près de 17 ans.

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