Chefs à la rescousse: se donner les moyens de ses ambitions

  • Publié le 25 mai 2026 (Mis à jour le 25 mai 2026)
  • Lecture : 3 minutes
La chef cuisinière Nathalie Boisvert, Heidi Langlois, Sébastien Houle et Dominique Laverdure. / Photo: Médialo – Patrice Francoeur
La chef cuisinière Nathalie Boisvert, Heidi Langlois, Sébastien Houle et Dominique Laverdure. / Photo: Médialo – Patrice Francoeur

Ça y est, un an après la première pelletée de terre, les toutes nouvelles cuisines de l’organisme Chefs à la rescousse sont ouvertes, et les effluves qui nous parviennent ont de quoi ouvrir l’appétit.

L’info est allé à la rencontre de Heidi Langlois, la vice-présidente du conseil d’administration de l’organisme. En parcourant les immenses cuisines équipées à la fine pointe de la technologie, l’émotion est palpable. Parce que c’est tout un changement.

Pour la petite histoire, Chefs à la Rescousse a vu le jour en 2021, alors qu’on était en pleine pandémie de COVID. L’OBNL est une initiative d’entraide qui a été mise sur pied par des entrepreneurs et des citoyens de la région des Laurentides. Des chefs, des épiciers et des bénévoles mettent ainsi à la disposition des personnes dans le besoin des plats préparés sains et équilibrés, et ce, à prix modique.

« Auparavant, on avait une cuisine domestique, on faisait 350 repas par semaine. Ici, à terme, on pourra en produire 5000 hebdomadairement. »

Elle se réjouit des 2700 pc2 que constitue le bâtiment, dont 1900 pc2 sont consacrés aux cuisines. « Le chef Sébastien Houle (sEb, l’artisan culinaire), qui est aussi le président du conseil d’administration envie nos cuisines modernes et spacieuses », souligne Heidi Langlois.

Au moment de la visite, des bénévoles s’activaient à remplir de grandes glacières de dizaines de repas du jour constitués d’un potage de maïs, de hauts de cuisse de poulet et d’une portion de tarte au sucre.

« À 8,50$ pour un repas complet, c’est abordable, même les chaines de restauration rapide ne rivalisent pas avec ces prix, mais qui plus est, ici c’est de la nourriture faite maison, avec amour, une cuisine saine, faite avec cœur », précise Mme Langlois.

La concrétisation

Sébastien Houle, mieux connu sous le nom de sEb, l’artisan culinaire, est aussi président du conseil d’administration de l’organisme, ne peut que se réjouir en parcourant les nouvelles cuisines. « On a finalement les cuisines que l’on souhaitait avoir depuis le début du projet. »

Dominique Laverdure était aussi présente au tout début de cette aventure. Elle a préféré, pour des raisons d’apparence de conflit d’intérêts, quitter – à regret – pendant ces années de vie politique, mais elle est heureuse de rentrer au bercail.

« J’ai toujours fait du bénévolat dans ma vie, ça a toujours été important pour moi. Puis quand tu tombes en politique, le bénévolat devient la politique, d’une certaine façon. Je suis contente de revenir dans le communautaire et de pouvoir contribuer à faire une différence. »

S’approvisionner

Parmi ceux qui offrent des denrées à l’organisme, il y a les grandes bannières de l’alimentation qui se départissent de légumes imparfaits, mais encore propres à la consommation. Une chaine de restaurant leur fournit aussi des surplus de volailles. « Je sais qu’il y a plusieurs fermes dans la région et quand le temps des récoltes est venu, il peut arriver qu’il y ait des surplus, mon message : on est preneur, ne mettez rien au compost, on va les cuisiner vos légumes! », lance Heidi Langlois.

Une livraison attentive

Cette dernière souligne que la mission de Chefs à la rescousse va plus loin que le simple fait de nourrir décemment et à un coût abordable les gens vulnérables. « Les bénévoles qui livrent entrent dans l’intimité des gens, s’ils ressentent de la détresse parmi ces bénéficiaires, ils auront tôt fait d’avertir les intervenants concernés. »

Mme Langlois explique que le client principal de l’organisme est le Centre d’action bénévole de Tremblant. « Tout organisme de la région des Laurentides peut nous contacter, on est prêt à discuter et à les aider », précise-t-elle. « On fournit aussi des repas à la Maison des jeunes de Mont-Tremblant. Les jeunes s’y rendent directement après l’école et souvent ils y passent la soirée et n’ont pas de lunch… » Elle explique que son organisme leur fournit de grands plats de lasagnes, de pâtés chinois ou autres plats surgelés qu’ils peuvent servir aux jeunes.

Un homme de cœur

Ce projet – comme tant d’autres – n’aurait jamais vu le jour sans l’incommensurable générosité de Giuseppe Racanelli, non seulement il a gracieusement offert le terrain où se trouve le nouveau bâtiment abritant les spacieuses cuisines, mais il a aussi ajouté 750 000 $ pour financer sa construction.

Une idée qui germe

Parmi les projets que caressent les membres du conseil d’administration, on parle d’exploiter les terres agricoles qui se trouvent sur les vastes terrains du Campus Santé. « Cultiver nos propres légumes sur ces terres juste à côté, ça fait partie des projets à moyen et à long terme. Du bio? Encore mieux, ça fait partie des valeurs de notre organisme », plaide Heidi Langlois.

Sous peu, les employés du CLSC et de l’éventuelle clinique médicale pourront, par l’entremise d’un kiosque en libre-service, venir faire provision de petits plats.

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