Gilles Graton : luthier et aviateur

Gilles Graton à la maison avec une de ses créations.
(Photo Louise Patry)
Gilles Graton à la maison avec une de ses créations. (Photo Louise Patry)

Gilles Graton, de Rivière-Rouge, chérit deux passions dans sa vie. C’est un luthier connu et un aviateur d’expérience. Cette dernière passion est, pour plusieurs, sa face cachée. 

Gilles Graton, on le reconnaît à la qualité de ses guitares (et ses réparations aussi) et sa participation au groupe BBBoom. Ses modèles de guitares phares demeurent la Pinguino 1 et la basse électrique Fan V qui ont trouvé des propriétaires dans la région comme ailleurs au Québec. 

Ce luthier, originaire de Montréal, a offert à des artistes de renom comme Richard Séguin, Serge Locat (Harmonium), Steve Hill, Rudy Caya et Brian Greenway (April Wine), de jouer sur ses créations. Des photos de ces artistes avec ses guitares ornent d’ailleurs son atelier. Avec le temps, certains d’entre eux gardent même d’excellentes relations avec lui. Les contacts importants, tout comme la qualité de ses instruments, se raffinent toujours plus. L’expérience en lutherie c’est comme l’expérience qu’accumule un guitariste: « avec le temps, on est meilleur ».

Le luthier se prête au jeu de la face cachée et prend le temps de répondre à L’info, par écrit.

Que fais-tu de spécifique dans ton métier de luthier ?

Principalement, je fais de la réparation et de l’ajustement de guitares, de basses et d’autres instruments à cordes. Je réalise aussi assez souvent des remises à neuf complètes.

À quelques reprises, j’ai également construit des instruments sur mesure pour des musiciens, en tenant compte de leurs goûts, de leur façon de jouer et de leurs préférences personnelles.

Comment es-tu venu à cette passion de l’aviation ? En lisant Buck Danny ?

Les avions me fascinent depuis toujours. Honnêtement, je ne me souviens même pas à quel âge cette passion est née; j’étais probablement trop jeune pour m’en souvenir. Les premiers avions que j’ai vus dans mon enfance étaient dans les albums de Tintin, puis évidemment dans Buck Danny. Mes parents m’achetaient tous les livres qu’ils trouvaient traitant d’avions, ou des modèles réduits à coller. Je trouvais ces machines magnifiques et je rêvais déjà de les piloter un jour.

Ce rêve s’est réalisé assez tôt : j’ai commencé à piloter à 16 ans. À 18 ans, j’étais déjà pilote professionnel et j’ai gagné ma vie dans l’aviation jusqu’à l’âge de 68 ans. Ce furent de très belles années.

Qu’est-ce qu’il y a de fascinant dans l’aviation ?

Ce qui me fascine dans l’aviation, c’est cette impression unique de liberté et de perspective. Quand je suis assis dans un avion et que je regarde la planète défiler sous mes ailes, il m’arrive souvent de m’arrêter un instant et de me dire : “Waouh… c’est incroyable ce qu’un paquet de tôle et un moteur peuvent nous faire vivre.”

Homme aux commandes d'un avion
Gilles Graton aux commandes d’un avion, heureux.
(Photo gracieuseté)

Vue du ciel, la Terre apparaît autrement. Les paysages semblent paisibles, harmonieux, presque parfaitement rangés. On ne voit plus les querelles, la saleté ou la laideur de certaines villes. De là-haut, tout paraît beau et apaisé.

Tu as déjà possédé un engin pour voler ?

Oui, j’ai possédé trois avions au cours de ma vie : un vieux Stinson, un Maranda — un appareil très rare — ainsi qu’un Piper PA-22. C’était à une époque où l’aviation privée demeurait abordable et où le commun des mortels pouvait rêver de posséder son propre avion. Malheureusement, les choses ont beaucoup changé depuis.

Que conseilles-tu à ceux qui souhaitent se lancer vers cette ligne ?

Le premier conseil que je donne, c’est de prévoir un budget beaucoup plus élevé, voire le double qu’on peut imaginer. Posséder un petit avion, c’est un véritable “money pit” pour ne pas dire un gobe-sous. L’entretien, les inspections, les réparations et les assurances sont devenus extrêmement coûteux. Il faut avoir les reins solides pour s’offrir cette liberté… mais pour ceux qui ont la piqûre, voler demeure une expérience incomparable. 

Surveiller les réseaux sociaux, car Gilles Graton et BBBoom organisent un souper-spectacle à Rivière-Rouge, probablement au cours de l’été, en soutien à la cause de Samuel Rochon qui combat un rare cancer.

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