Au Québec, la thermopompe est passée d’un appareil de climatisation à un élément essentiel du chauffage domestique. Cette progression s’explique par trois tendances lourdes : la multiplication des vagues de chaleur, la volonté de baisser les factures énergétiques sur le long terme et l’électrification accélérée des bâtiments.
Aujourd’hui, de plus en plus de foyers se chauffent avec une thermopompe, soit comme chauffage principal, soit comme système dominant avec relève électrique. Cette popularité croissante cache cependant une vérité moins apparente : la performance d’une thermopompe repose autant sur son installation que sur sa marque ou son modèle.
Les chiffres des dernières enquêtes consommateurs viennent confirmer cette nuance. Si la plupart des propriétaires se disent satisfaits de leur thermopompe, les problèmes signalés surviennent souvent peu de temps après l’installation et portent généralement sur le bruit, la puissance ressentie ou la difficulté à obtenir du service. Ces enjeux ne sont pas seulement liés au produit, mais à la façon dont il est dimensionné, posé et intégré au bâtiment. Lien de référence :classement public.
Énergétiquement, la thermopompe est l’un des systèmes les plus efficaces en climat nordique tempéré. Dans de bonnes conditions, elle peut délivrer plusieurs kilowatts de chaleur pour un kilowatt d’électricité consommé. Mais cette efficacité théorique dépend de conditions : température extérieure, qualité de l’enveloppe du bâtiment, dimensionnement et réglages appropriés.
Contrairement à un chauffage résistif, la thermopompe fonctionne en régulation continue. Elle ajuste progressivement sa capacité pour maintenir une température stable, plutôt que de se déclencher brutalement à pleine puissance. Ce comportement améliore le confort, mais peut aussi donner l’impression, chez certains utilisateurs, que l’appareil est « lent » ou « moins puissant » si le système est mal calibré.
C’est pourquoi l’installation ne peut pas être traitée comme une formalité. Elle conditionne la perception du confort, le niveau sonore, la consommation réelle et la durée de vie de l’équipement.
Le bruit est l’une des réclamations les plus courantes des propriétaires mécontents. Dans une ville dense comme Montréal, c’est un enjeu important, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Le plus souvent, le compresseur n’est pas en cause, mais :
Une thermopompe silencieuse sur papier peut devenir bruyante si ces éléments sont négligés.
Certains utilisateurs rapportent une impression de chauffage insuffisant, surtout lors de transitions rapides de température. Cette perception peut s’expliquer par le mode de fonctionnement continu de la thermopompe, mais aussi par des facteurs techniques plus concrets :
Dans ces situations, la marque devient secondaire : c’est l’ingénierie de l’installation de la thermopompe qui détermine le résultat.
Un autre irritant récurrent concerne le délai d’intervention et la disponibilité des pièces. Même un appareil fiable peut générer une forte insatisfaction si le réseau de service est lent ou mal coordonné. Cela explique pourquoi deux propriétaires de la même marque peuvent avoir des expériences radicalement différentes.
Le tableau suivant reprend les marques les plus populaires sur le marché québécois et les positionne selon une lecture de cohérence entre fiabilité, satisfaction et intégration sur le terrain.
Les pourcentages d’appréciation et de fiabilité proviennent du classement public, les étoiles résument une lecture globale intégrant les défauts habituels d’installation (bruit, puissance, service).
Une thermopompe trop puissante multiplie les cycles courts, augmente l’usure et peut générer du bruit. Une thermopompe trop faible peine à maintenir la température lors des grands froids. Le calcul de charge thermique est donc fondamental et doit tenir compte du bâtiment réel, pas d’une estimation approximative.
L’emplacement influence directement le bruit, l’efficacité en dégivrage et la durabilité. Une unité mal positionnée peut accumuler la glace, projeter le bruit vers les voisins ou fonctionner dans des conditions défavorables.
Dans les systèmes centraux, la thermopompe dépend entièrement du réseau de conduits. Un déséquilibre des débits, des retours d’air insuffisants ou des conduits sous-dimensionnés nuisent au confort et à la performance, peu importe la marque.
La mise en service est l’étape où la performance se gagne ou se perd. Elle comprend les réglages de pression, les paramètres de fonctionnement, les tests de dégivrage et la validation des températures. Sans cette étape rigoureuse, les problèmes apparaissent souvent dans les premiers mois.
Au Québec, la configuration la plus répandue et la plus stable à long terme demeure le système hybride : thermopompe comme source principale, combinée à une relève électrique (fournaise ou plinthes) lors des grands froids.
Cette approche permet :
Là encore, la clé est l’intégration : seuils de bascule, coordination des systèmes et capacité du bâtiment à supporter les deux modes de chauffage.
En 2026, installer une thermopompe au Québec ne se résume plus à choisir une marque bien classée. C’est un projet global, qui engage le confort acoustique, la performance hivernale, la consommation électrique et la facilité d’entretien pour les quinze prochaines années.
Les données montrent que les appareils sont globalement fiables. Les insatisfactions, elles, émergent surtout lorsque l’installation est négligée ou simplifiée à l’excès. Une thermopompe bien dimensionnée, bien posée et correctement mise en service offre une expérience radicalement différente, même à modèle équivalent